
COLIBRI
Concours de projets d’architecture
Construction d’un programme scolaire
Maître de l’ouvrage
Municipalité de Tavannes
Tavannes, Berne, Suisse
du 9 février 2018 au 22 juin 2018
en collaboration avec Maxime Lécuyer Architecte
Cartable au dos, je remonte le village de Tavannes. Il est l’heure de se rendre à l’école. La cloche du village sonne un air de printemps. Les silhouettes des solitaires de la cité s’estompent, laissant la majestueuse école primaire se dévoiler. En premier plan, les branches fleuries des arbres dissimulent un petit pavillon. Son couronnement en forme de chapeau accompagne le parfum de fête qui règne. Transformé en petit café, les parents les plus matinaux ayant déjà déposés leur enfant, partagent le levé du soleil. Leur présence assure un sentiment de sécurité et de conviavialité. Quelques professeurs se joignent à la réunion improvisée, café à la main.
Plusieurs camarades accompagnent ma démarche enthousiaste. J’arrive alors devant la nouvelle allée d’arbres, rendue entièrement piétonne, qui distribue les différents bâtiments scolaires. Epine dorsale du projet, cet axe devient un espace de convergence pour les enfants de tous âges. Quelques rires et discussions animées enchantent ce véritable lieu de vie et de partage. La nature verdoyante fait presque disparaître les volumes bâtis. Je me sens noyé dans une bulle, calme, à l’abri des voitures qui ne peuvent cheminer qu’au pourtour de ce territoire bienveillant. Les places de parking situées hors du périmètre, font de ce lieu un havre de paix. Deux parcours transversaux organisent le paysage. Le plus éloigné, raccorde l’école des grands à la salle communale. A travers ce trajet linéaire, je découvre les nouveaux aménagements, respectueux de la topographie. Sur les gradins, quelques éléves acclament les jeunes sprinteurs! le deuxième cheminement lie l’école primaire à l’école enfantine et de journée continue. La partition des marches crée autant de plateaux de jeux et seuils d’appropriation. En bout, un passage couvert permet de s’échapper discrètement...
Composée de simples volumes imbriqués, ma nouvelle école s’intégre sobrement entre le parc du pavillon et le grand vide généré par les terrains de sport. Son rapport avec la “cité Schwob” se veut humble et attentif. La percée visuelle entre le bâtiment principal de l’école primaire et cette dernière est remarquable, et même révélée par la grande façade continue qui accompagne mon regard. Une même et unique fenêtre, répétée prudement, équilibre l’ensemble. Par le jeu de gabarit je comprends l’enchevêtrement subtil de plusieurs programmes.
C’est sereinement que les petits de l’école enfantine regagnent leur classe, suivi par quelques mamans, curieuses de découvrir leur univers. Les couloirs animés distribuent simplement les quatres salles de classe sur deux niveaux. Tout en étant proches l’unes de l’autres, elles bénéficient d’une certaine indépendance. A l’intérieur, le silence est de mise. La disposition des différentes cours permet d’adapter les temps de récréation aux conditions climatiques ou phoniques souhaitées. La cour centrale, offre diverses perméabilités entre les programmes. Plus éloigné du tumulte, l’espace parascolaire bénéficie d’un cadre calme à l’abri des regards. Juste à côté, la salle multi-usage s’ouvre complétement sur le village. En plus des cours de rythmique, elle peut acceuillir quelques petites expositions de nos travaux au plaisir des Tavannois.
Un peu en retard, je rejoins mon appartement dans l’école à journée continue. Telles de généreuses coursives, les couloirs qui donnent sur le préau, sont de véritable lieux d’échanges. Je rentre dans ma salle, à la typologie singulière. Introvertie sur elle-même, chaque classe propose des regards croisés entre les différents sous-espaces. La cuisine articule les espaces tous en les dissociant. Le fumet d’un croissant chaud me distrait. En attendant de retrouver mes nouveaux compagnons sous le préau couvert, imaginé comme chez moi. Rassuré par ce bien-être créateur que dégage ma nouvelle école, je me sens comme le colibri, si petit, si fragile, prêt à traverser les océans.















COLIBRI
Concours de projets d’architecture
Construction d’un programme scolaire
Maître de l’ouvrage
Municipalité de Tavannes
Tavannes, Berne, Suisse
du 9 février 2018 au 22 juin 2018
en collaboration avec Maxime Lécuyer Architecte
Cartable au dos, je remonte le village de Tavannes. Il est l’heure de se rendre à l’école. La cloche du village sonne un air de printemps. Les silhouettes des solitaires de la cité s’estompent, laissant la majestueuse école primaire se dévoiler. En premier plan, les branches fleuries des arbres dissimulent un petit pavillon. Son couronnement en forme de chapeau accompagne le parfum de fête qui règne. Transformé en petit café, les parents les plus matinaux ayant déjà déposés leur enfant, partagent le levé du soleil. Leur présence assure un sentiment de sécurité et de conviavialité. Quelques professeurs se joignent à la réunion improvisée, café à la main.
Plusieurs camarades accompagnent ma démarche enthousiaste. J’arrive alors devant la nouvelle allée d’arbres, rendue entièrement piétonne, qui distribue les différents bâtiments scolaires. Epine dorsale du projet, cet axe devient un espace de convergence pour les enfants de tous âges. Quelques rires et discussions animées enchantent ce véritable lieu de vie et de partage. La nature verdoyante fait presque disparaître les volumes bâtis. Je me sens noyé dans une bulle, calme, à l’abri des voitures qui ne peuvent cheminer qu’au pourtour de ce territoire bienveillant. Les places de parking situées hors du périmètre, font de ce lieu un havre de paix. Deux parcours transversaux organisent le paysage. Le plus éloigné, raccorde l’école des grands à la salle communale. A travers ce trajet linéaire, je découvre les nouveaux aménagements, respectueux de la topographie. Sur les gradins, quelques éléves acclament les jeunes sprinteurs! le deuxième cheminement lie l’école primaire à l’école enfantine et de journée continue. La partition des marches crée autant de plateaux de jeux et seuils d’appropriation. En bout, un passage couvert permet de s’échapper discrètement...
Composée de simples volumes imbriqués, ma nouvelle école s’intégre sobrement entre le parc du pavillon et le grand vide généré par les terrains de sport. Son rapport avec la “cité Schwob” se veut humble et attentif. La percée visuelle entre le bâtiment principal de l’école primaire et cette dernière est remarquable, et même révélée par la grande façade continue qui accompagne mon regard. Une même et unique fenêtre, répétée prudement, équilibre l’ensemble. Par le jeu de gabarit je comprends l’enchevêtrement subtil de plusieurs programmes.
C’est sereinement que les petits de l’école enfantine regagnent leur classe, suivi par quelques mamans, curieuses de découvrir leur univers. Les couloirs animés distribuent simplement les quatres salles de classe sur deux niveaux. Tout en étant proches l’unes de l’autres, elles bénéficient d’une certaine indépendance. A l’intérieur, le silence est de mise. La disposition des différentes cours permet d’adapter les temps de récréation aux conditions climatiques ou phoniques souhaitées. La cour centrale, offre diverses perméabilités entre les programmes. Plus éloigné du tumulte, l’espace parascolaire bénéficie d’un cadre calme à l’abri des regards. Juste à côté, la salle multi-usage s’ouvre complétement sur le village. En plus des cours de rythmique, elle peut acceuillir quelques petites expositions de nos travaux au plaisir des Tavannois.
Un peu en retard, je rejoins mon appartement dans l’école à journée continue. Telles de généreuses coursives, les couloirs qui donnent sur le préau, sont de véritable lieux d’échanges. Je rentre dans ma salle, à la typologie singulière. Introvertie sur elle-même, chaque classe propose des regards croisés entre les différents sous-espaces. La cuisine articule les espaces tous en les dissociant. Le fumet d’un croissant chaud me distrait. En attendant de retrouver mes nouveaux compagnons sous le préau couvert, imaginé comme chez moi. Rassuré par ce bien-être créateur que dégage ma nouvelle école, je me sens comme le colibri, si petit, si fragile, prêt à traverser les océans.













